Embarquement immédiat

 

 

 

 

Fred Abrachkoff, humoriste poitevin au langage fleuri... vous en parle

 

Il était difficile d'allumer sa radio le matin sans se prendre immédiatement sur le coin de la tronche un demi-litre de sirop de fraise versé sans mesure par une gourdasse anorexique glapissant à la cantonade sa joie d'être amoureuse, ou son dépit d'avoir été larguée, ou enfin l'aventure d'un dimanche à Ikéa...

La dictature du poussin qui piaille semblait avoir frappé tous les genres musicaux : chanson, hip-hop, pop-rock, et le monde semblait être condamné ad vitam aeternam aux coeurs de pipi et aux crêpes aux champignons...

Puis, enfin, vinrent les Mmmhpfff.

Derrière cette onomatopée évoquant les plus beaux moments de lucidité de nos footballeurs professionnels, se cachent trois chanteuses qui ont décidé d'en faire baver. D'en faire baver aux textes neu-neus, aux musiques d'ascenseurs, et aux postures de lolitas. D'en faire baver aux shows à l'américaine, où le plan de feu camoufle admirablement bien le manque de charisme de l'interprète pas prête. D'en faire baver au monde merveilleux du music-hall, qui n'en finit pas de crever bruyamment. Et enfin d'en faire baver au public, parce qu'il n'y a pas de raisons...

Pendant que les brailleuses standard mettent leurs tripes sur la table, les Mmmphfff posent leur cul sur un tabouret et vous regardent dans les yeux.

En guise de romantisme, les Mmmhpfff vous offrent des femmes-fontaine et des hommes négligés, pour des histoires à l'eau de rosse, qui sentent fort.

Et quand elles chantent l'amour, elles chantent la mouille.

C'est à laisser ou à prendre.

J'écris bien prendre...

Car tout le monde sait que, quand c'est bien fait, tout le monde prend son pied...

Et c'est bien là l'essentiel...

Venez nombreux.

 

 

 

 

 

 

photo : Lorenzo Claz
photo : Lorenzo Claz

La pensée du mois :

"l'Amour comme une bicyclette, qui jamais ne s'arrête "